L’Europe telle qu’elle se construit depuis le funeste traité de Maastricht n’est qu’une machine sans âme, entièrement vouée au Dieu Commerce, et qui entraîne chaque jour un peu plus les peuples dans une crise matérielle et morale sans précédent sur le Vieux continent.
Pourtant, à en croire les représentants de la gauche, des écologistes et de la droite, la seule solution au problème réside dans… Encore plus d’Europe ! Un peu comme si un banquier conseillait, pour faire face à un surendettement, de contracter un autre crédit ! Dans ce domaine, l’axe franco-allemand tant vanté par les médias, joue la même partition surréaliste…
Hier, côté allemand, Angela Merkel a resservi à ses troupes de la CDU la sempiternelle équation : Europe égale paix… En oubliant un peu vite que c’est la paix qui a permis la mise en place de l’UE, et non l’inverse, car aucun accord commercial n’a jamais empêché deux nations de se livrer une guerre militaire. Pis, la chancelière a déclaré à propos de la crise monétaire : « L’euro est bien plus qu’une monnaie, c’est le symbole d’un demi-siècle de paix, de liberté et de bien être social ».
Liberté ? Mais laquelle ? Celle offerte aux ouvriers de pointer au chômage lorsque leur entreprise ferme ses portes, ou lorsqu’elle délocalise sa production en Roumanie ou en Bulgarie ? Celle qui amène sur les trottoirs français des milliers de prostituées ou mendiants venus de l’Est ? Ou bien celle qui permet à diverses mafias d’investir l’Europe occidentale ? Les seuls à bénéficier de cette nouvelle « liberté » sont les profiteurs de tous bords, et les grands industriels, qui profitent à plein du nivellement des salaires par le bas…
Le bien-être social ? Madame Merkel serait bien avisée de mettre son nez à la fenêtre du Bundestag : faire un tour en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie et… en France, lui ferait peut-être prendre conscience de la tension palpable qui monte dans ces pays, face à cette Europe-là. Rien de ce qui s’y passe n’exprime un « bien-être », mais augure davantage d’une explosion sociale généralisée : est-ce cela, l’Europe de la paix ?
En France, le virtuel candidat à la présidentielle Dominique de Villepin, avançait dans le même temps ses pions et ses gros sabots pour faire du pied à Nicolas Sarkozy : lors d’une interview sur Europe 1, celui qui fait mine de se croire un destin national alors qu’il n’ambitionne qu’un nouveau maroquin ministériel, a posé ses conditions à un ralliement au panache grisonnant de son ennemi de toujours. Parmi celles-ci, une France découpée en… 8 régions ! Cela ne vous rappelle rien ? 8, c’est le nombre d’euro-régions servant actuellement de référence pour les élections européennes. 8, c’est également le nombre de régions françaises prévues sur la carte de la grande Europe fédérale, dans laquelle les fous qui nous gouvernent veulent noyer l’identité de notre nation.
Merkel, Sarkozy, Villepin, gauche, droite et leurs supplétifs semblent décidemment aveugles et sourds à la volonté populaire – pourtant clairement exprimée en 2005 – de ne pas aller vers une Europe intégrée. Tout se passe comme si la crise présentait pour eux un avantage de taille : offrir le prétexte à une accélération des processus d’intégration, à marche forcée (la probable création d’un super ministère européen des Finances va évidemment dans ce sens). Tout à leur soumission aux marchés, ces dirigeants n’imaginent pas un retour de bâton de la part de peuples ayant jusque là accepté sans trop broncher d’être écartés de décisions engageant leur avenir et celui de leurs enfants : l’effet boomerang pourrait cependant les frapper plus tôt qu’ils ne pensent…
[Photo : D.R.]
15/11/11
Propagande européiste : malgré la crise, "ils" continuent !
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